Edito

LES MARCHÉS SE DÉCOUVRENT D’UN FIL

Si, statistiquement, le mois d’avril est connu pour être un mois boursier favorable, ce millésime aura fait exception. Face au report des espoirs de baisse de taux aux Etats-Unis, le scénario consensuel a été mis à mal, pesant sur des indices boursiers qui avaient besoin de souffler après une séquence exceptionnelle. En contre-coup, les publications des résultats toujours dynamiques des géants de la cote ont fait office d’amortisseurs. Le STOXX Europe 600 limite son recul mensuel à 1,5 % tandis que son homologue américain, le S&P 500, accuse en euros une baisse de 3,1 %.

La Fed a besoin de voir les pressions inflationnistes refluer. En effet, les données publiées envoient des signaux mitigés et l’économie américaine reste encore trop dynamique, continuant d’évoluer défavorablement aux yeux de la Fed. Pour cause, la résilience de la croissance et de la demande. La vigueur de cette dernière est alimentée par l’épargne accumulée par les ménages. L’inflation n’apparait pas encore compatible avec la baisse prochaine des taux directeurs, et nous pouvons fonder des espoirs de baisse de taux cette année sur le tassement de la demande, alors que l’épargne des ménages et les facteurs de soutien à la croissance s’épuisent. Le cas échéant, la baisse des taux alimentera la détente des taux souverains à 10 ans et du dollar.

La Banque Centrale Européenne prépare quant à elle sa baisse de taux. Comme attendu, les taux restent pour le moment inchangés mais la communication ouvre la voie à une baisse dès le mois de juin, malgré un ton prudent quant à la suite de l’assouplissement monétaire. Si l’institution s’est réjouie de la baisse en cours de l’inflation, un point d’attention a été porté à l’évolution des prix des matières premières qui pourrait limiter une baisse additionnelle de l’inflation totale. Dans ce contexte, une baisse des taux courts est à attendre dans les mois qui viennent, sur fond d’espoir d’amélioration des perspectives sur le continent européen.

Tandis que l’inflation est orientée à la baisse, l’économie chinoise s’essouffle malgré la dynamique de croissance du début d’année. En effet, les différents indicateurs d’activité du mois d’avril ont envoyé des signaux mitigés, faisant suite à la déception des publications du mois de mars. Néanmoins, l’indice Caixin qui reste un indicateur clé se maintient, porté par les nouvelles commandes domestiques. Si les défis démographiques et déflationnistes restent au coeur des perspectives, l’action des différents gouvernements pour soutenir la croissance devrait porter ses effets comme en témoigne la performance mensuelle à deux chiffres du marché des actions chinoises qui anticipe ce rebond. En Inde, le lancement des élections n’est pas sous le signe de la surprise. Plus d’un milliard d’électeurs sont attendus aux urnes afin d’élire les députés de la chambre basse du Parlement indien qui désigneront ensuite le Premier Ministre. Si les résultats seront connus en juin, l’enjeu réside dans la capacité du futur gouvernement à poursuivre les réformes qui ont jusqu’ici porté l’économie et la bourse indiennes. Malgré les sujets relatifs aux inégalités et à l’endettement, le parti de N. Modi reste sans surprise largement en tête des sondages.

Au sein de l’archipel du Japon, l’activité économique évolue favorablement. Les indicateurs d’activité ont affiché une progression particulièrement dynamique dans les services tandis que le secteur manufacturier se stabilise. Dans ce contexte, les récentes hausses annuelles de salaire devraient soutenir la demande domestique et porter la croissance. Dans le même temps, la Banque du Japon ainsi que les autorités japonaises continuent de porter une attention particulière à l’évolution du yen. Si le message de prudence du gouverneur n’avait pas aidé à la reprise de la devise nippone, le mouvement baissier a été alimenté par le ralentissement de l’inflation à Tokyo. La probabilité pour une intervention des autorités japonaises afin de soutenir la devise est alors de plus en plus forte. Dans ce contexte, une baisse des taux directeurs de la Fed qui interviendrait en parallèle d’une hausse des taux au Japon permettrait de réduire le différentiel de politique monétaire entre les deux institutions, et soutiendrait ainsi le yen face au dollar. La durabilité du potentiel d’appréciation de la devise reste ainsi corrélée à l’ajustement des outils de la BoJ dans un sens plus restrictif.

Avril aura mis fin à plusieurs mois consécutifs de hausse ainsi qu’à la série de gains associée. Les hypothèses relatives aux baisses de taux sont désormais discutées, et remettent en cause les perspectives de court-terme. Nous restons convaincus que le stock-picking des valeurs de qualité et de croissance, gage de visibilité, reste indispensable dans ce contexte. Nous prenons en parallèle quelques profits afin de saluer le parcours des actions. Sur les marchés obligataires, nous revenons peu à peu sur des maturités plus longues.

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